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Interview Richard Feltin 2/4

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Nous allons aborder la 2eme partie de la serie de 4 de l’interview que nous avons fait avec Richard Feltin redacteur en chef de Xpaint et Invisible.

Rappel: Cette interview a été découpé en 4 parties car notre ami Richard est assez bavard, et pour vous éviter le collyre, on va aborder cette interview par themes: les médias online, la médiatisation en france, le paint et la TV et enfin, les médias et le Millennium.

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Partie 2/4: la médiatisation en france.

P8ntbox : pour toi comment est médiatisé le paintball en France ? sur médiatisé ? sous médiatisé ?
Richard: Il est médiatisé. L’important n’est pas la sur-médiatisation, ou la sous-médiatisation, je pense. Il faut avoir une médiatisation qualitative. Avoir quelque chose de sérieux. Quelque chose qui soit capable de retenir l’attention. Non seulement d’un pratiquant, mais aussi de joueurs potentiels… De capter l’intérêt de médias grand public, de sponsors institutionnels… Et pour ça on dira ce qu’on voudra, mais la bonne volonté et le bénévolat montrent vite leurs limites. À un moment, il faut des structures cadrées, sinon ça ne fonctionne pas. Le pire c’est que même comme ça, ce n’est pas une garantie !

Prenons l’échec de Pacific Paintball dans la gestion de la NPPL, par exemple. Même après leur disparition, ce qu’ils cherchaient à faire et le sens dans lequel ils allaient s’avère être le bon. La preuve, c’est une émission qui s’exporte un peu partout, jusqu’en France sur Ma Chaîne Sport.
Qui offre mieux ?
Aujourd’hui, il y a la PSP qui s’est octroyé les services de Patrick Spohrer (Monkey with a Gun) dont le CV n’est plus à présenter. Les moyens déployés sont énormes. Mais c’est quelqu’un qui sait quoi faire, comment le faire, et avec qui. Et comme cela implique des coûts, il a des contraintes de résultats. Ce que n’ont jamais des bénévoles qui se contentent souvent de ce qu’ils ont, et c’est souvent bien dommage.
Le paintball ne sera jamais du foot, il faut arrêter de rêver. J’irais même jusqu’à dire qu’il faut que cela soit, et reste du paintball. Il faut assumer l’identité de “sport extrême”, tout en se remettant en question.
En France, il est évident que nous n’avons pas les mêmes moyens. Pourtant, on compte parmi les pays les plus innovants, tous supports confondus !
Je regrette et déplore sincèrement la disparition de Paintscop il y a déjà 2 ans… Ils avaient la fibre et l’expérience pour fournir des images prêtes à l’emploi pour une diffusion TV (avec montage et tout et tout). Pour ça, pas d’alternatives : Il faut viser la qualité à la base et non le “bricolage”.
Il leur fallait du temps et du soutien, ils ne l’ont pas eu. C’est dommageable… Car malgré les “buzz” qui ont pu être orchestrés par d’autres à l’époque, eux ont placé un DVD à la FNAC et sur Amazon, entre-autre… Niveau exposition grand public quantifiable, je pense qu’il y a pire ! Les gens ont trop tendance à retenir les promesses, pas les faits. C’est triste.
En tout cas, on peut tous se féliciter d’une chose : Il est difficile aujourd’hui de ne pas avoir d’infos ou de ne pas entendre parler du paintball. Ensuite, c’est la qualité des supports, leur longévité et la façon dont ils sont structurés, qui feront en sorte d’attirer (et de conserver !) ou non, de plus en plus de monde.
Dans le cas contraire, le paintball restera anecdotique. Comme une vidéo sur youtube, qui ferait un “buzz” pendant X temps (ou pas), avant de disparaître et d’être oublié… Je pense qu’on est nombreux malgré tout à œuvrer pour que ça n’arrive pas.

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P8ntbox : penses-tu que chaque média (internet, papier ou autre) peuvent cohabiter ?
Richard: Oui ! Mais…
Je mettrais un bémol à la question. Reste à définir le sens du mot “Média”, qui comme le mot “magazine” est galvaudé à toutes les sauces. C’est un peu le fantasme ambiant d’être journaliste, média, magazine, confrère et j’en passe… On se croirait à la Star Ac’. Tout le monde espère être retenu au casting, donc c’est le jeu de celui qui en annoncera le plus pour s’imposer ! Un peu comme un joueur qui prendrait le melon juste parce qu’il porte un Jersey flashy avec ses “sponsors”, et un gun mytho qui brille. Mais une fois sur le terrain, quand il s’agit d’être efficace et d’assumer son statut, il n’y a plus personne…
Basiquement, il y a 3 supports majeurs sur lequel travailler. Le web, le papier et la vidéo. Tous peuvent interagir entre-eux, et ça, c’est juste génial ! Le tout est de faire ça en bonne intelligence. Pour notre part, on a souvent soutenu ceux qui nous semblaient aller dans le bon sens. On ne s’en cache pas, il aura suffit de discuter avec ces personnes souvent ! Que cela soit des entités web comme Spirit, Paintscop, maintenant toi (P8ntbox)… Ou des photographes, comme Érik, Jean, Thomas, Lene, et maintenant Laurent Sand… Certains collaborent (ou ont collaboré) avec nous, d’autres non. Peu importe. Meilleur on sera tous, plus le paintball a de chance de grossir. Mais pour ça, encore faut-il prendre du recul…
Je pense qu’il faut aider les gens de valeur à se développer, en leur donnant les bons contacts, en leur offrant de la visibilité, en leur ouvrant les portes de circuits qui les boudaient… Comme tu as pu le constater par toi-même d’ailleurs !
Comme partout, le copinage marche très bien, c’est un fait. La grosse différence, c’est qu’on mise avant tout sur la valeur ajoutée. Quand on obtient un “Press Pass” pour quelqu’un par exemple, on ne le fait que si cette personne est capable de faire quelque chose qui soit au-dessus du lot. Qui ait un potentiel. Si c’est pour faire rentrer des “potes” qui vont pourrir le travail des Pros, juste pour se faire mousser après, ce n’est pas la peine. Ne serait-ce que par respect pour les confrères justement, on ne le fait pas. En plus c’est une question de crédibilité, pour tout le monde ! Dans une équipe sérieuse, il y a des sélections. Là, c’est pareil. Tout le monde ne peut pas avoir accès à la “gloire”, c’est juste logique.
C’est bien de s’amuser, mais il faut aussi voir les conséquences à long terme.
En ce qui nous concerne, si XPAINT (et maintenant INVISIBLE) sont encore présents dans les rayons des kiosques, ce n’est pas par hasard… On ne s’est pas levé un matin en se disant : “Tiens, aujourd’hui je ne suis plus ambulancier, je suis rédacteur en chef ! Et je vais tout révolutionner !”
Non. C’est un travail à PLEIN TEMPS. On ne fait que ça. On ne vit que de ça. On croit tellement au paintball, qu’on en a fait notre métier. On a tout misé là-dessus. Il n’y a pas à rougir d’essayer de gagner sa vie. D’autant que c’est bien moins confortable qu’il n’y paraît ! Particulièrement quand on est indépendant… Car personne ne viendra remettre des sous dans la cagnotte si on se plante. On n’est pas parfait, mais on est condamné à réussir, ou on pointe au chômage, donc on fait ce qu’il faut pour réussir…
On a tous beaucoup à apprendre les uns des autres. Là où ça dérape à mon sens, c’est quand on se prend pour ce qu’on n’est pas. Pour le reste, aucun souci !

Leurs fonctions sont-elles les mêmes ?
Définitivement non. C’est une erreur de croire ça. Ou d’œuvrer dans ce sens d’ailleurs.
Entre les rumeurs, les Press release, les annonces, les photos d’un tournoi qui sont postés… Tout va très vite !!! Internet est un moteur de recherche et de consommation rapide, incontournable. Ensuite, c’est la lisibilité et la rapidité avec laquelle on trouve l’info qui fait la différence entre les sites web. Avec en plus la possibilité pour chacun de se mettre en avant, de donner son opinion, de partager ses expériences, ses infos, et autres.
S’il peut y avoir interaction entre les différents supports, aucun ne souffre ni de la même utilisation, ni de la même fonction pour l’utilisateur final. Le papier, le web et la vidéo sont 3 choses complémentaires mais qui n’ont pas la même portée.
L’évolution technologique fait que beaucoup de ces supports sont maintenant accessibles à tout le monde. Tout le monde peut jouer au “petit chimiste”. Le numérique, les logiciels de traitements d’images, les caméras, faire un site internet… Tout semble simple et tout le monde peut faire son petit truc avec plus ou moins de sérieux, et avec l’impression d’être un super Pro. Mais non…
Si certains amateurs éclairés peuvent effectivement être plus efficaces que certains Pro justement, il faut aussi remettre les choses dans leur contexte. Avoir une entreprise, un média sur quelque support que ce soit demande de respecter des règles. C’est un métier.
Par exemple, sur un magazine papier, on ne peut ni éditer, ni effacer, ni “balancer” gratuitement sous un pseudo, créé la veille… Donc tout ce qui est écrit doit être exact ! Et quand il nous est arrivé de nous tromper (ça arrivera encore, nul n’étant parfait) on doit l’assumer.

La grosse différence avec une réaction par une personne lambda sur le web par exemple, c’est qu’en tant que magazine, que média extrêmement cadré (dépôts légaux, distribution kiosque, enquêtes médias de l’état…), on doit assumer nos écrits et notre support.
Enfin, il faut bien comprendre que quand un lecteur achète un magazine (ou une vidéo), il attend quelque chose de consistant en retour. Des choses qu’il n’a pas déjà vues, ni lues partout.
Ainsi, on ne peut pas se permettre d’attendre que l’actu’ vienne à nous. On doit aller la chercher ! Quoi qu’il arrive (ou n’arrive pas), il y a un magazine à sortir à DATE FIXE ! Même dans les périodes creuses. Or, quand il s’agit d’aller chercher l’info, de traiter un sujet, puis de l’illustrer, c’est autrement plus complexe que de faire des copiés/collés.
En temps que magazine, j’estime aussi qu’on a un devoir d’information, pas seulement de comptes rendus tout préparés, ou de tomber en extase devant tout ce qui se présente.
Poser les bonnes questions, essayer de soulever les problématiques, proposer des pistes, des analyses… Du journalisme, quoi ! Je me rappelle encore en 2003 quand nous avons osé dévoiler la gestion obscure de la FPS, les lacunes du CDF, et autre, avec force arguments et preuves concrètes. Il y a eu une levée de bouclier dans les premiers mois, venant des Pros, de grosses équipes, des joueurs. Il fallait soi-disant être soudé, ne rien dire, laisser les fausses informations se propager, taire les utilisations douteuses de ressources, cacher la poussière sous le tapis, pour maintenir les “intérêts”… Ne pas s’acharner, faire de la “critique constructive” (Traduction : ne rien dire), laver son linge sale en famille… Laisser courir quoi !
Finalement, il y a eu une prise de conscience (comme quoi…), et même les réticents des premiers jours, ont finalement fait entendre leurs voix, demander des explications. Parfois plus forts que nous, du reste. Aujourd’hui, ça a changé (donc…). La FPS se relève. Elle a des gens de valeur dont la transparence est une qualité. Malgré tout ce qu’on a pu mettre au jour, le paintball ne s’est pas écroulé pour autant en France, bien au contraire ! On est un des pays les plus dynamiques d’Europe. Je ne suis pas certains que sans le magazine, la situation eut été la même. Surtout qu’il y a de nombreux autres exemples.
Il faut juste savoir prendre ses responsabilités. Être certains de ce qu’on fait, et comment on le fait. Faire son boulot quoi.

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P8ntbox : on a souvent l’habitude de voir les médias se concurrencer , penses-tu que cela va dans le sens positif de la médiatisation de notre sport ?
Richard: Évidemment !
Je me rappelle pourtant avec nostalgie l’époque pas si lointaine où les médias Français comme Paintscop, Spirit et nous, travaillions ensembles. Tout ça afin d’offrir un maximum d’exposition sous des angles différents, aux sujets qu’on avait parfois en commun, ce qui était 300% bénéfiques pour les utilisateurs/lecteurs/spectateurs. Il y avait de la communication et un dialogue commun face à des interlocuteurs comme par exemple, un circuit…
Ce qui est intéressant pour un support “média”, c’est évidemment d’avoir de l’exclu, de l’info avant tout le monde. Là-dessus, le web est indéniablement plus efficace. Alors il faut s’adapter.
Quand on fait de la vidéo ou du papier, et qu’on vend un produit avec en face une “concurrence” gratuite, il faut miser sur la qualité, la valeur ajoutée. On n’est pas là pour faire de la propagande, et être au garde à vous. Personne ne paierait 6,50 Euros pour ça très longtemps… Comme personne ne paierait non plus cette somme, si on promettait la lune, et qu’on en offrait au final que le reflet.
Autant j’ai beaucoup de respect pour le bénévolat et la bonne volonté, autant parfois, certaines personnes se sentant peut-être investis “d’une mission sacrée”, ne se rendent absolument pas compte du mal qu’ils font en créant des “buzz” parfois surréalistes sur… Rien ! Généralement quand reviennent les beaux jours, et qu’il y a des gros tournois pas trop loin. C’est assez cyclique, puis pour reprendre une expression en vogue, ça fait “Pschiiiitttt”.
Personne n’a la moindre idée du temps, de l’abnégation, et de l’argent nécessaire qu’il faut pour éditer et distribuer un magazine papier (ou faire un DVD digne de ce nom d’ailleurs, demandez à Spohrer !). Chaque numéro est un défi. On se fait violence pour sans cesse innover, surprendre, et apporter ces “plus” qu’on ne trouve pas ailleurs. Donc on observe beaucoup ce qui se fait partout autour de nous… Et pas seulement dans le paintball, sinon on serait à l’échelle zéro de la créativité.
L’évolution du web, aussi bien que l’évolution technologique, ont changé énormément de chose dans la façon dont on travaille et dans le contenu du magazine.
Par exemple, à l’ère du numérique il faut savoir faire plus, qu’appuyer sur un bouton. Le récent challenge photo qu’on a fait sur ton site, en était la parfaite illustration. C’est pourquoi on réitérera prochainement, d’ailleurs.
Mais quoi qu’il en soit, quelqu’un sait qu’il est dans le vrai quand il est suivi.
C’est une chose pour laquelle on peut se féliciter au moins. L’influence du magazine en France est difficile à nier. Que cela soit dans les sujets évoqués, à travers une ligne éditoriale assez peu consensuelle, mais également au niveau visuel. Sur ce point, ces 5 dernières années, je pense qu’on peut dire sans se tromper qu’XPAINT a imprimé une tendance (sans jeu de mots) :
Montage “trashy” façon skate, filtres vieillots, photos plu dynamiques de joueurs dans des positions ou situations improbables, cadrages originaux, comme des départs de base vu de dos, de dessus, en 180°… Panoramiques, séquences photos montées ou non, le studio, ou plus récemment les photos de l’intérieur du terrain, avec maintenant des flashs excentrés…
Sale temps pour la photo de “posette” à Papy bien centrée, qui faisait encore (et fait encore trop…) fureur !
La liste n’est pas exhaustive, mais en tout cas, ça fait toujours plaisir de voir que ce qu’on fait est largement repris. Après, il y a ceux qui assument la paternité, et ceux qui pensent avoir tout inventé… Mais peu importe. Si cela va dans le sens de la qualité, c’est bon pour le paintball et son exposition.
De toute façon il n’y a pas 36 façons de vivre la “concurrence”. Soit on se félicite de ce qu’on a, en estimant qu’on a “le mérite d’exister”, soit on se bat avec ce qu’on a. On avance, et on essaie de se surpasser.
Si je devais citer quelqu’un, je dirais Laurent Sand en ce moment. Il apporte vraiment une patte personnelle, alors qu’il n’a pas des moyens énormes. Et surtout il ne promet rien. Il ne passe pas son temps à se mettre en avant. Non… Il fait. Et ça, pour nous c’est un moteur de vigilance et de motivation supplémentaire.

Prochaine partie: le paintball et la TV

Relire la 1ere partie >>>ICI<<<